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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 17:41

En présentant sa candidature aux élections législatives, le maire de Wattrelos a défié son Parti Politique : le Parti Socialiste.

Il fait argument de ses amitiés dont celle de François HOLLANDE, mais il oublie celles qu’il avait nouées avec des ministres du gouvernement Fillon, tels Rama Yade, Jean François Lamour, …Marleix, etc.….

Il a beau rappeler que cette année, notre ville de Wattrelos est gérée depuis 100 ans par la Gauche : il a néanmoins trahi le Parti Socialiste et la Gauche.

Ce n’est pas par l’intrigue que l’on défend la justice sociale, l’égalité des chances, etc.….

Pour gagner, il faut savoir jouer collectif et non pas individuel !

L’important, c’est de donner à François HOLLANDE les moyens d’opérer le changement. C’est pourquoi la Seule Candidature soutenue par le Parti Socialiste, EELV, le PRG et le MRC ainsi que l'ensemble des composantes des forces de progrès est celle de Slimane TIR – Hélène Declercq-Fassiaux pour laquelle, comme Christophe D’HULST, Premier adjoint au maire, nous appelons à voter massivement.

 

Alain FAUGARET                             Amaury DEVAERE                           Guillaume CASTRE

Député Maire Honoraire            Conseiller Municipal                    Conseiller Municipal

Conseiller Général

 


Voir les 0 commentaires Par Alain Faugaret - Amaury DEVAERE
Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 18:42

Regarder en douce les réponses de son voisin pour éviter un zéro pointé, c’est mal, les professeurs nous l’ont suffisamment rabâché. Mais si on apprenait à copier en tout bien tout honneur ? Comme le bon élève qui admire le meilleur de la classe ? C’est précisément ce que devrait faire l’école en France. Année après année, ses performances s’amenuisent. Intraitable, le classement Pisa, réalisé par l’OCDE, qui évalue les systèmes éducatifs dans le monde, place notre pays en milieu de tableau, loin derrière les nouveaux modèles asiatiques ou la fameuse école finlandaise. Aucun candidat à l’élection présidentielle n’a fait l’impasse sur le scolaire. Logique : il représente le premier poste des dépenses publiques, emploie 850 000 enseignants, et surtout concerne les électeurs que sont les parents de 12.5 millions d’enfants. C’est pourquoi les postulants à la charge présidentielle ont déclamé la main sur le cœur leur volonté d’en finir avec les classes surchargées, l’échec scolaire ou encore la dévalorisation du métier d’enseignant. Louables intentions, mais qui passent à côté du but. Car il serait plus que temps pour l’école française d’ouvrir ses fenêtres et d’aller chercher les recettes qui marchent, à Helsinky, à Singapour ou dans l’Ontario. Bien sûr, elles ne sont pas toutes transposables, et le fameux classement de l’OCDE n’est pas exempt de lacunes. Il n’empêche : copier sur l’école de ses voisins pour améliorer celle de son pays est tout sauf stupide. Demandez aux Finlandais comment ils ont bâti leur propre modèle, ils vous répondront qu’ils ont mis en place une vaste réforme de l’éducation dans les années 1970. C’est vrai. Mais la réussite de ce petit pays nordique en matière d’éducation est plus ancienne. Elle porte un nom, celui d’Uno Cygnaeus. En 1858, ce directeur d’une école finlandaise à Saint-Pétersbourg s’est vu confier une mission par le Sénat russe : aller observer les systèmes éducatifs qui marchent. Après un long périple en Suède, au Danemark, en Allemagne, en Autriche et en Suisse, le pasteur Uno Cygnaeus a rédigé un rapport qui, quelques années plus tard, a débouché sur la première école publique pour tous : jusqu’à ce jour personne n’a oublié les leçons de ce Jules Ferry finlandais. Mais où les avait-il copiées, sinon ailleurs ?

 

Source : Courrier International – Avril 2012


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Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 18:36

Il en va de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy comme des tablettes numériques : ça bouge tout le temps. Impossible de suivre une information, une idée, un raisonnement sans que le programme change à l’improviste, sans qu’un écran publicitaire vous saute à la figure. Songez encore à une classe de quatrième dans un collège difficile : c’est un grouillement perpétuel des corps, un sautillement des esprits, une dérobade permanente. Nicolas Sarkozy est un homme qui a de la fuite dans les idées.

Prenons l’exemple de l’Europe. Le président sortant ne craint pas de se présenter en début de campagne comme son guide et son sauveur, en une union étroite avec sa grande amie, Angela Merkel. Pour manifester publiquement cette union, il l’invite à l’un de ses prochains meetings électoraux.

Seulement, les sondages ne suivent pas, pas plus que l’intendance d’ailleurs. Patatras ! Voilà qu’en une nuit Sarkozy se change en eurosceptique. Et c’est le meeting de Villepinte, l’Europe sur la sellette, Schengen montré du doigt et Merkel renvoyée à sa germanitude. Le voilà braconnant sur les terres du non de 2005, préconisant le protectionnisme européen en matière de marchés publics, le gel de la contribution française au budget communautaire. Qu’on ne lui parle plus du traité européen de discipline budgétaire du 9 décembre 2011. Il n’en est plus jamais question. Quel est donc l’écervelé qui a pu le signer au nom de la France ?

Il n’y a pas que les contre-pieds, il y a cette improvisation permanente, dont le « programme » du 5 avril dernier est le plus récent exemple. Bien malin qui pourrait trouver la moindre idée directrice dans ce centon hâtivement rassemblé de mesures déjà annoncées, qui voudraient faire croire à la rigueur budgétaire. Au moins, le Sarkozy de 2007 était-il animé de quelques idées fortes sur le travail, la relance de l’économie ou la sécurité. Il n’en subsiste aujourd’hui que des caricatures ou des faire-semblant. Ainsi, l’économiste Thomas Piketty, pour illustrer le « vide sarkoziste », a-t-il pu montrer de façon convaincante qu’au chapitre de la réduction du déficit le sortant ne faisant que démarquer le projet de François Hollande, en ce qui concerne tant la réduction des dépenses que l’augmentation des recettes. La différence, c’est que le candidat de gauche a eu le courage de dire qu’il faudrait augmenter les impôts, en commençant par ceux des plus aisés, ou revenir sur les allègements fiscaux que le président leur avait consentis. A l’inverse, Nicolas Sarkozy, sans trop le dire, s’en remet à l’augmentation de la fiscalité indirecte, en jouant sur la TVA ou les charges imposées aux mutuelles.

En matière de sécurité, si le coup de barre à droite est évident depuis le discours de Grenoble (30 juillet 2010), il se traduit désormais non pas par des mesures de type législatif ou réglementaire, mais par des objectifs chiffrés fixés à la louche ou au doigt mouillé, par exemple la diminution de moitié de l’immigration légale. On se croirait dans les belles années du Gosplan soviétique, où l’on procédait ainsi : le pays gouverné non par la loi mais par des quotas. C’est le bon plaisir du prince, c’est l’arbitraire institué en norme gouvernementale.

Le plus détestable dans ce non-programme et dans cette non-campagne, c’est l’obsession du tenant du titre à démolir son challenger, avec les armes de la mauvaise foi et du matraquage médiatique. Dans le Journal du dimanche du 8 avril dernier, Nicolas Sarkozy continue de prétendre effrontément que François Hollande veut la régularisation massive des sans-papiers, alors que celui-ci a explicitement dit et répété le contraire ; il affirme que le même Hollande veut supprimer le       quotient familial, ce qui est faux ; il feint de croire que celui-ci l’a traité de « sale mec », alors que c’est une allégation plaisante que, dans une conversation privée, Hollande mettait dans la bouche de l’intéressé lui-même. Quand Cécile Duflot le traite de « crapaud » et Marie-George Buffet, de « voyou », il commente ainsi : « je suppose que c’est la contribution de M.Hollande (sic) et de ses amis (sic) à la hauteur de cette campagne ».

L’homme qui prétend avoir été au mur de Berlin dès le soir du 9 novembre 1989 ; à Fukushima en mars 2011 ; l’homme qui fait de Dominique Voynet un ministre du Temps libre et de Bernard Thibault, un membre du bureau politique du Parti communiste, entretient avec la vérité un rapport d’incompatibilité têtue.

Qu’est-ce à dire ? Que, jugeant dans son for intérieur qu’il a déjà perdu l’élection, Nicolas Sarkozy en conclut qu’il n’a plus rien à perdre, pas même sa dignité. C’est un homme ivre de lui-même, lancé dans une fuite en avant aveugle, affirmant de façon téméraire que sa crédibilité repose sur son bilan. J’ajouterai : et son programme, sur sa personne. Le hic, c’est que son bilan et sa personne sont aujourd’hui ses deux principaux handicaps. Quand tout cela sera terminé, et quelle que soit l’issue, Nicolas Sarkozy, qui est un homme intelligent et un patriote, jugera sans doute que cette campagne n’aura pas été le moment le plus glorieux d’une carrière haletante.

 

Source : Marianne – Avril 2012


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Mardi 10 avril 2012 2 10 /04 /Avr /2012 15:22

La principale organisation catégorielle des finances juge que les choix fiscaux ont entraîné cinq ans d’injustices.

 

Les bilans fiscaux du quinquennat de Nicolas Sarkozy se suivent sans se ressembler. Une semaine après la Droite sociale de Laurent Wauquiez, soucieuse de démontrer que le président n’est pas l’ami des riches, l’Union SNUI-sud Trésor Solidaires dresse le bilan sans concession d’un quinquennat de « frénésie fiscale » et « néolibérale » qui laisse la fiscalité du patrimoine « en lambeaux ».

On ne sera pas surpris que les syndicats des impôts arrivent à une conclusion rigoureusement inverse de celle de la majorité. La droite, disent-ils en substance, a abordé la fiscalité avec « la conviction qu’alléger l’impôts des agents économiques les plus riches – ménages aisés et grandes entreprises – permettrait de favoriser la croissance économique ». « Cette vision de l’économie et de la fiscalité est aujourd’hui en difficulté, pour ne pas dire en échec », résument-ils, en blâmant l’augmentation de la charge fiscale qui pèse sur les classes modestes et moyennes.

Le leitmotiv de M.Sarkozy, pendant la campagne de 2007, était non seulement de ne pas augmenter les impôts, mais aussi de faire baisser de 4 points le taux de prélèvements obligatoires, pour le ramener dans la moyenne européenne. Cinq ans plus tard, que constate le Syndicat national unifié des impôts ? Le taux global de prélèvements obligatoires par rapport au produit intérieur brut (PIB) est globalement stable sur la période (43.4 % en 2007 ; 43.5 % en 2011), mais cette stabilité est trompeuse.

Entre 2007 et 2012, en effet, certains prélèvements ont baissé – la fiscalité sur le patrimoine et l’imposition locale des entreprises, notamment -, tandis que d’autres augmentaient, comme la TVA ou la contribution sociale généralisée. « De tels changements structurels ne sont pas neutres, loin s’en faut : ils ont même aggravé le déséquilibre et l’injustice du système fiscal », accuse l’union syndicale, en rappelant que, mécaniquement, le poids de la TVA est plus élevé sur les classes moyennes.

L’impôt sur le revenu (IR) est en proie à des « tensions contradictoires », analysent les syndicalistes. Du côté des relèvements « faibles et peu progressifs », il y a eu l’augmentation du taux marginal de l’IR de 40 % à 41 %. Cette hausse du barème est la première depuis plus de trente ans, mais elle ne concerne que 330 000 foyers fiscaux sur un total de quelque 19 millions et ne rapporte que 230 millions d’euros. De même, la contribution exceptionnelle sur les très hauts revenus ne cible que 25779 foyers fiscaux, et son rendement serait de 300 à 400 millions d’euros, soit moins que la hausse de la CSG (550 millions) qui s’appliquera à tous.

A l’inverse, la non-indexation du barème de l’IR, programmée en 2012 et 2013, constitue « une vraie hausse » pour près de 20 millions de foyers fiscaux et aura pour effet de soumettre à l’impôt 100 000 à 200 000 foyers qui ne le paient pas actuellement. De même, le durcissement des conditions d’octroi de la demi-part supplémentaire pou les parents isolés – ils devront avoir élevé seuls leur enfant pendant au moins cinq ans – représente une hausse globale de près d’1 milliard d’euros pour plus de 2 millions de personnes. Et un gain budgétaire net pour l’Etat : 300 millions en 2011, 566 millions en 2012, 901 millions en 2013. Parmi les contribuables qui verront leur impôt augmenter, accuse le SNUI, « figurent des contribuables fragiles, victimes de certains effets pervers inhérents à la complexité du système fiscal ». Ainsi, pour les quelque 9 millions de bénéficiaires de la prime pour l’emploi (PPE), qui ont des problèmes de pouvoir d’achat, le « travailler plus » de Nicolas Sarkozy, c’est-à-dire la détaxation des heures supplémentaires, a abouti à gagner moins de PPE ou à payer plus d’impôt. Chiffres à l’appui, le SNUI assure enfin que la situation des plus riches, en matière de fiscalité du patrimoine, est certes moins avantageuse après la réforme de juin 2011 sur la suppression du bouclier fiscal, mais reste « nettement plus avantageuse » qu’avant la loi TEPA sur le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat du 21 août 2007.

L’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) est « en déliquescence », accuse l’union syndicale. Il ne rapportera plus que 2.2 milliards au lieu de 4 milliards. Les 1000 redevables de l’ISF imposés au taux marginal et bénéficiant actuellement du bouclier fiscal perdront le bénéfice de sa restitution, mais paieront moins d’ISF. Ils s’en tireront avec un gain net moyen d’environ 36 000 euros. Pour les 1000 redevables de l’ISF imposés au taux marginal mais non bénéficiaires du bouclier fiscal, l’allègement représentera même un gain net moyen d’environ 400 000 euros.

De même, l’allègement « net » des droits sur les donations et les successions est légèrement supérieur à 2 milliards depuis 2007, tandis que le surplus de prélèvements pesant sur les classes modestes et moyennes s’élève à 3 milliards : 550 millions par an pour la CSG, 850 millions par an pour les franchises médicales, etc. Pour le SNUI, la régressivité de ces taxes est une injustice croissante.

 

Source : Le Monde – Mars 2012


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Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 12:09

Le repli sarkozyen sur le néosouverainisme n’est pas seulement un reniement de plus. Il correspond à une réalité de l’opinion que la gauche aurait tort de sous-estimer.


C’est parfois une force que d’être sans mémoire. Mais tout de même ! Voyant que la gauche, François Hollande au premier chef, veut renégocier le traité européen sur la rigueur budgétaire pour y ajouter un volet consacré à la croissance, Nicolas Sarkozy et les siens fustigent l’irresponsabilité supposée du candidat socialiste, son refus d’assumer la parole de la France, son ignorance des rapports de force européens. Et voilà que pour relancer sa campagne, le même Sarkozy propose tout de go de renégocier, non pas un, mais trois traités européens en menaçant ses partenaires d’un retrait pur et simple de la France s’il n’est pas entendu. Erreur avant Villepinte, vérité au-delà …  Quel crédit accorder à de tels revirement ? D’autant que les dispositions de Schengen, objet de l’ultimatum sarkozyen, sont justement en cours de discussion à Bruxelles. D’autant que des déclarations de la même eau avaient été faites par le candidat Sarkozy en 2007, sans que rien de tangible ne s’ensuive. C’est la politique Kleenex : quand une idée est usée, on en tire une autre de la boîte. Elles sont parfaitement contradictoires ? Pas grave : l’électeur oublie tout !

La tactique est choquante. Est-elle mauvaise ? Pas sûr : c’est là qu’un piège s’ouvre pour la gauche. Aussi bigarrées qu’elles soient, les volte-f   ace et les contradictions de Nicolas Sarkozy obéissent à une logique commune : s’adapter à l’air du temps souverainiste, pour ne pas dire nationaliste, qui entoure le débat présidentiel. Quel changement de décor ! On se plaignait au début des années 2000 de la « pensée unique » qui dominait la scène politique française. Par là on désignait une conception à la fois libérale et européenne de l’avenir du pays, mélange de libre-échangisme, d’ouverture culturelle, de méfiance envers l’Etat et de fédéralisme européen. Nous sommes aujourd’hui aux antipodes de ce conformisme. Aucun candidat à la présidentielle –aucun – ne se réclame plus ni du libéralisme, ni du fédéralisme européen, ni de la mondialisation. Au contraire, dans tous les partis on invoque la nation, les excès du marché, le rôle décisif de l’Etat et les injustices de l’économie ouverte. Le social-libéralisme rase les murs à gauche ; le souverainisme gagne sans cesse du terrain à droite. Sur les tréteaux électoraux sinon dans les têtes, la « pensée unique » est une pensée marginale. Les échecs de l’Europe, les ratés de l’euro, les injustices du marché et les duretés de la mondialisation expliquent ce renversement idéologique. Ainsi on aurait tort de prendre à la légère l’embardée sarkozyenne, aussi incohérente et brutale qu’elle puisse paraître : elle correspond à une réalité sociale. Une réponse « sociale-libérale » à l’attaque en cours, qui défendrait l’Europe actuelle sans en souligner les défauts, qui nierait les difficultés nées d’une ouverture générale des frontières, qui ferait du candidat de la gauche l’avocat emprunté de la mondialisation libérale, ouvrirait à la campagne du président sortant une issue de secours. Aussi factice qu’il puisse paraître, le néosouverainisme redécouvert par Nicolas Sarkozy parle à l’opinion.

Seule la réponse républicaine est en mesure de contrer cette offensive : une vision claire de l’avenir de la France dans la mondialisation, une politique d’immigration ouverte mais ferme sur l’application de la loi, une conception protectrice de l’Europe, une référence constante aux valeurs laïques, une gauche populaire et réaliste qui n’hésite pas à heurter les préjugés des élites. Le mot d’ordre est simple : hors du projet républicain, point de salut.

 

Source : Le Nouvel Observateur –Mars 2012


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Mardi 27 mars 2012 2 27 /03 /Mars /2012 18:15

Le quotidien de gauche ne comprend pas comment la chancelière peut soutenir Nicolas Sarkozy. Surtout après les propos tenus par le président à Villepinte le 11 mars.

 

Die Tageszeitung Berlin

 

« On ne peut pas laisser la gestion des flux migratoires aux seules mains des technocrates et des tribunaux ». C’est avec des déclarations fracassantes de ce genre que, le dimanche 11 mars, le président Nicolas Sarkozy a encore fait quelques pas vers la droite. Encore un peu, il va tomber dans les bras de Marine Le Pen.
Cela n’ira pas jusque-là, car l’un et l’autre sont bel et bien en concurrence, et cela explique d’ailleurs en grande partie cette tentative de la part du candidat de l’UMP de courtiser un électorat qui, en fait, sympathise davantage avec la candidate de l’extrême droite. A ces français et Françaises le président encore en exercice veut se présenter comme une alternative digne d’intérêt. Il leur dit, à eux et au Front national, qu’il y aurait trop d’étrangers dans le pays. La faute n’en incomberait pas à son gouvernement, mais à la convention de Schengen. Les voisins européens apprécieront qu’il les ait implicitement accusés de se montrer laxistes dans leurs contrôles et qu’il ait l’idée de punir les « Etats défaillants » de l’espace Schengen .

Devant son public – 50 000 fans venus de toute la France se sont rassemblés pour son meeting de Villepinte – Sarkozy a joué les hommes forts et brandi un ultimatum à l’adresse de l’Europe et des grandes puissances. Si Schengen ne s’adapte pas au plus vite à ses volontés et si l’UE ne met pas en œuvre dans les délais qu’il lui prescrit un « Buy European Act », accord préférentiel favorisant les produits européens, la France fera cavalier seul. De telles déclarations font vibrer le cœur plein de fierté nationale de ses partisans, mais elles n’ont pas grand-chose à voir avec les réalités politiques.

Et maintenant, Angela Merkel va-t-elle continuer à affirmer qu’elle soutient son Nicolas quoi qu’il advienne ? Avec d’autres chefs de gouvernement conservateurs, elle a pris position contre le candidat socialiste François Hollande parce que celui-ci souhaite non pas torpiller le pacte budgétaire européen, mais simplement l’étoffer. Et voilà maintenant que Sarkozy, lui, serait prêt à modifier quatre traités européens. Comprenne la France qui peut.

 

Source : Courrier International –Mars 2012


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Dimanche 18 mars 2012 7 18 /03 /Mars /2012 18:39

De même que le rouge excite les taureaux, la justice fiscale enfièvre les possédants. Il aura suffi que François Hollande propose l’instauration d’une tranche d’imposition à 75 % sur les très hauts revenus (plus d’1 million d’euros par an) pour déclencher un tir de barrage digne de la Grande Guerre.

Le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, y a vu le signe extérieur d’une « marxisation du PS ». Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, a suspecté la gauche de vouloir « chasser de France les quelques riches qui peuvent y rester » (sic). François Bayrou s’est inspiré de Michel Audiard pour lancer : « Le déconomètre fonctionne à plein tube ». Certains journalistes bien en cour, tels Jean Michel Aphatie (RTL) et Dominique Seux (Radio France) se sont même transformés en procureurs pour dénoncer une idée digne, à leurs yeux, de l’Inquisition fiscale.

On ne saurait trop conseiller à ces esprits embrumés de revenir sur terre. Jusqu’à preuve du contraire, la France ne souffre pas d’un excès de taxation des plus fortunés. C’est même plutôt l’inverse. Au fil des ans, les gouvernements (de gauche comme de droite, d’ailleurs) n’ont cessé de diminuer l’effort demandé aux plus aisés. Aujourd’hui, grâce à la mécanique des niches fiscales et des exonérations en tous genres, la progressivité de l’impôt est devenue un principe vide de sens. Plus on est riche, plu le taux de l’impôt est faible. La philosophie du rentier a triomphé. Les privilégiés du fric sont devenus des assistés du fisc.

Il n’y aurait donc rien de scandaleux à remettre un peu d’ordre républicain là où a triomphé l’esprit de Liliane Bettencourt. La mesure proposée par François Hollande va dans ce sens, ni plus ni moins. Le nouveau taux frapperait de 3 000 à 3 500 foyers et rapporterait à l’Etat de 200 à 300 millions d’euros. Ce n’est pas la nuit du 4 août fiscale prônée par Jean-Luc Mélanchon, partisan d’instaurer un salaire maximum. Mais alors pourquoi crier à la « spoliation », comme on l’entend ici et là ?

Quand bien même ne s’agirait-il que d’un acte « moral », cela compterait, tant l’étalage de l’argent fou a quelque chose d’indécent. Or, à chaque fois qu’il est question de mettre à contribution ceux qui passent à travers les mailles du filet, le chœur des pleureuses se mobilise, comme si l’instauration d’un minimum de justice fiscale était un crime de lèse-majesté inspiré du bolchévisme pur et dur.

A ce compte-là, il faudrait d’office organiser le procès posthume de Roosevelt. Lorsque le père du New Deal est arrivé au pouvoir, en 1932, le taux fédéral d’imposition pour la tranche la plus élevée était de 25 %. Il l’avait immédiatement porté à 63 %, puis à 79 % en 1936, et même à 91 % en 1941, afin d’inciter les entreprises à opter pour l’investissement plutôt que pour le versement de dividendes. Ce niveau resta en vigueur jusqu’en 1964. Il faudra attendre la révolution néoconservatrice des années 80 pour que le taux supérieur descende en dessous de 70 %. Pourtant les riches n’ont pas finis sous le pont de Brooklyn, et les Etats-Unis n’ont jamais été annexés par feu l’Union soviétique.

Peut-être pourrait-on s’inspirer d’une démarche volontariste qui n’a rien perdu de sa pertinence. De ce point de vue, ce n’est pas tant la mesure proposée par François Hollande qui pose problème que le flou d’une réforme fiscale d’ensemble dont on voit encore mal les contours. Or, dans un pays frappé par la crise et l’explosion des inégalités, l’affrontement avec les nantis ne suffit pas : il faut marier rigueur et justice, effort national et solidarité.

 

Source : Marianne –Mars 2012


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Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 19:37

En faisant d’Hollande le prototype d’une gauche bobo, dépensière et laxiste, le président met à côté de la plaque.

 

Nicolas Sarkozy a le moral. Il vaut mieux : pour être réélu, il va devoir escalader une montagne. On dira que tout est possible en ce bas monde électoral. Un série de meetings bien conduite peut le mettre sur la voie du redressement sondagler ; son énergie en campagne peut ramener à lui une partie des électeurs perdus. Mais le président persiste dans une erreur qui pourrait bien lui être fatale : il se trompe lourdement sur son adversaire et sur la gauche que représente désormais François Hollande. L’homme, pensait-il n’est pas à la hauteur ; après la primaire socialiste, le président-candidat pensait n’en faire qu’une bouchée. Manifestement, il a eu les yeux plus gros que le ventre. L’ancien premier secrétaire du PS, nanti d’une expérience politique au long cours, s’est minutieusement préparé. Depuis qu’il est candidat, il a commis très peu de fautes.

Et surtout, la gauche qu’il incarne n’est plus celle que Nicolas Sarkozy pensait – ou espérait – qu’elle serait. Le président lui reproche son laxisme dépensier. Etrange attaque : Hollande a prévu de geler les dépenses. Il répète sut tous les tons qu’il commencera par une politique de rigueur, quitte à relâcher la pression si la croissance revient. Il sait surtout que tout retard dans la réduction des déficits sera sanctionné par la meute vigilante des créanciers de la France. Difficile d’en faire le parangon de l’irresponsabilité, surtout quand on a soi-même accru de quelque 500 milliards l’endettement du pays.

Il en va de même de « l’appel au peuple » du président, censé faire la différence avec une gauche « bobo » coupée des réalités françaises. Nicolas Sarkozy, répétant en 2012 les recettes de 2007, voué tour à tour à Buisson et Guaino, les Laurel et Hardy du sarko-nationalisme, se dit l’homme du peuple opposé au délégué du système. Drôle de peuple, tout de même, composé avant tout d’importants du Cac 40 et d’affidés de l’establishment. Quand on a Alain Minc comme conseiller, peut-on vraiment se présenter comme le procureur des élites ? Quand on refuse d’alourdir la fiscalité sur les classes favorisées et qu’on augmente la TVA pour le peuple, justement, difficile de passer pour le Robin des Bois de la France qui se lève tôt. Ces protestations d’affinité avec les humbles risquent fort de passer pour ce qu’elles sont : un remake maladroit de la pièce habilement jouée en 2007, qui a tourné court au Fouquet’s dès le soir de la victoire.

Quant à Hollande, il faudra déployer des trésors de mauvaise foi pour en faire l’homme de la gauche caviar. Le candidat socialiste a construit son ascension sur son enracinement corrézien et sur son personnage « normal » d’élu local anti-bling-bling. Mittérandiste autant que mendésiste, il a truffé ses discours de références républicaines, de protestations d’attachement au vieux pays et d’éloges vibrants à l’industrie et à la classe ouvrière. Il s’est, tout autant, converti à la nécessaire fermeté en matière de délinquance et de communautarisme, tout comme il a pris en compte l’aspiration des Français à la défense de leur identité. Exactement tout ce que la gauche bobo a ignoré pendant tant d’années. Sarkozy croit pourfendre un adversaire paralysé par des références dépassées. Le véritable Hollande a compris qu’une élection se gagne aujourd’hui en se fondant sur les valeurs républicaines du peuple français et non sur les aspirations modernistes du social-libéralisme. Le président sabre un fantôme, celui de l’ancienne gauche. La nouvelle, pendant ce temps-là, fait la course en tête.

 

Source : Le Nouvel Observateur – Février 2012


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Lundi 5 mars 2012 1 05 /03 /Mars /2012 11:05

Il y a du Chirac dans Sarkozy ! Voila un constat qui ne plairait guère au président de la République., persuadé de n’avoir plus rien à voir avec le « Roi fainéant ». Certes, beaucoup les oppose, sans doute même l’essentiel, le rapport prudent dans un cas, brutal dans l’autre, au passé, à la France, au monde, ainsi que le rapporte l’ancien chef de l’Etat dans le dernier volume de ses Mémoires. La méfiance chiraquienne envers l’action reposait d’abord sur une connaissance des tragédies d’une humanité qu’il ne fallait pas provoquer, de peur de l’entraîner dans des convulsions sanglantes. Son successeur, lui, semble ignorer que l’histoire est tragique. Mais les deux hommes n’en ont pas moins des points communs, à commencer par un culot d’acier et une plasticité inégalable – que l’un et l’autre appellent l’audace…

De son premier vrai maître, le maire de Neuilly a beaucoup appris dans le domaine de la lutte, prise par revers, changement de pied comme de ligne, trahison… L’un comme l’autre sont nietzchéens en ce qu’ils tiennent « les convictions pour des prisons ». Et n’hésitent donc jamais à se libérer quand les circonstances l’exigent. La différence entre eux, c’est…Internet qui permet de mettre en quelques nanosecondes les déclarations du jour du chef de l’Etat en contradiction avec celles d’hier. Quel que soit le sujet – TVA sociale, vote des immigrés, rôle de l’Etat, importance respective de l’Allemagne et de l’Angleterre, droits de l’homme…-, Nicolas Sarkozy a dit tout et son contraire. Comme Chirac, qui était moins babillard, mais qui avait pu se montrer aussi radicalement libéral qu’il se révèlera social-radical-étatiste… Le Corrézien tournait moins fréquemment que le Neuilléen, mais tout aussi prestement, avec des accents de sincérité indéniables. Comme Sarkozy lui ressemblait dans son émission, l’autre dimanche, lorsqu’il décrivait la situation dramatique faite à l’industrie et aux chômeurs, comme s’il n’était pas au pouvoir depuis si longtemps ! Chirac président ajoutait : « J’ai demandé à mon Premier ministre de mettre fin au plus vite à cette situation intolérable ». Sarkozy, lui, n’a pas de vrai chef du gouvernement, donc il se charge de régler les problèmes en personne…

Les circonlocutions vertigineuses de l’ancien ne se sont jamais accompagnées d’aveux d’erreurs. Le maire de Paris tenait l’autocritique pour malsaine et ajoutait « qu’il (fallait) bien que l’opposition s’occupe ». Une leçon retenue, jusqu’ici, par l’élève Sarkozy qui n’a jamais rien concédé sur ses bilans et prenait pour signe de faiblesse insigne tout examen de conscience. Il y a même toujours ajouté une forfanterie égotiste qui s’accompagne désormais d’une nouvelle stratégie de la rédemption par… la contrition ! Dieu du ciel…

Il confesse aux journalistes, demain peut-être dans un livre, quelques faux pas des débuts – de simples péchés véniels pour mieux souligner ses succès, sa force de caractère dans les difficultés. Il est trop combattant pour concéder au-delà. Trop fier aussi, trop égotiste. Chirac, lui, ne cédait rien non plus, mais par complexe comme par stratégie ; il faisait toujours le modeste, baissant la tête pour ne pas attirer la colère populaire, car il savait, après la défaite de Giscard, que c’est dans les urnes qu’aujourd’hui on guillotine nos rois républicains !

 

Source : Marianne – Février 2012


Voir les 0 commentaires Par Alain Faugaret
Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 18:34

Dès qu’il est question d’argent et de finance, la petite société médiatico-politique (comme disait François Mitterrand) entre en ébullition. Les réquisitoires légitimes contre la finance nous valent d’entendre à chaque fois un tohu-bohu d’exclamations sentencieuses et de gloussements (la « société des railleurs » dont parle la torah) qui laisse sans voix. Il serait puéril de dénoncer le tout-fric, imprudent de se mettre à dos les marchés financiers, démagogique de flatter les pauvres. Ces piaillements font penser au film de Bertrand Tavernier « Que la fête commence ! » (1975), superbe charge contre la surdité des petits marquis d’Ancien Régime. Et tableau drolatique d’une élite à bout de souffle, emmurée dans ses privilèges et ses vanités.

Au début du XVIIIème siècle, sous la régence du duc d’Orléans (Louis XV est encore un enfant), le royaume connaît une tragique crise financière, mais la cour caquette toujours et intrigue frivolement, toute à ses jouissances et prévarications. Pas vu pas pris… L’argent s’allie au cynisme dans un tourbillon enrubanné, tandis que le pays gronde d’une colère qui explosera… quelques décennies plus tard.

Entre le climat crépusculaire du XVIIIème et l’écroulement du monde contemporain, le cousinage saute aux yeux. A l’image, il suffirait d’ajouter quelques plumes, haut-de-chausses ou perruques pour reconnaître les mêmes protagonistes. On remplacerait Versailles par le « Grand Journal » de Canal+, et les fanfreluches de jadis par une Rolex. On ajouterait quelques économistes en Diafoirus de Molière. De fait, aujourd’hui comme jadis, la basse-cour perd aristocratiquement la raison…

Désigner la finance comme le principal ennemi s’impose pourtant en ces temps de paradis fiscaux, d’hyperriches et de goinfreries affichées. Quand ils s’y risquent, François Hollande, Jean-Luc Mélanchon ou Eva Joly s’attirent pourtant les mêmes moqueries maniérées que celles qu’on adressa en 1662 à Bossuet quand il s’en prit sans détour (dans le « Sermon du mauvais riche ») aux puissants de son temps : « Se peut-il faire que vous entendiez la vois languissante des pauvres qui tremblent devant nous ? » S’attaquer à l’argent ? Comme c’est charmant mais enfantin !

Prudents les courtisans d’aujourd’hui ne veulent voir dans ces indignations venues de la gauche que stratégie de communication ou dérapage « populiste ». Les plus agressifs croient même déceler derrière tout cela les reliquats d’un archaïsme « catho ». Les sots ! Ne savent-ils pas, ces faux malins, que la mise en garde contre l’argent roi est une longue plainte humaine qui chemine dans toutes les cultures de la terre ? Simone Weil écrivait dans un texte publié en 1949 : « en faisant de l’argent le mobile unique ou presque de tous les actes, la mesure unique ou presque de toutes choses, on a mis le poison de l’inégalité partout. »

Peut-être songeait-elle au prophète Ezéchiel : « Tu t’es gonflé d’orgueil à force de richesses », ou à Isaïe : « Tous aiment les dons corrupteurs et courent après les gains illicites ». C’est encore un juif clairvoyant, Georges Steiner, qui s’écriait en 2000 : « L’odeur de l’argent empeste chaque pays ».

On trouve des admonestations identiques chez les bouddhistes, les musulmans ou les athées. Citons l’un d’eux, André Gorz, prestigieuse figure du « Nouvel Observateur » : « L’argent est devenu un parasite qui dévore l’économie, le capital un prédateur qui pille la société ». Quand à Péguy, il écrivait en 1910 : « Pour la première fois dans l’histoire du monde, l’argent est maître sans limitation ni mesure. » Désigner la finance comme l’ennemi principal, c’est vraiment la moindre des choses.

 

Source : Le Nouvel Observateur – Février 2012


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