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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 18:23

De taxe Tobin en TVA sociale, le président-candidat pioche des idées à gauche, sans décourager son camp sur l’essentiel. Mais seule l’amnésie des électeurs pourrait le sauver.

 

Quelle fascinante débauche d’énergie ! Nuit et jour, soir et matin, qu’il vente sur l’opinion ou qu’il neige sur les baromètres de popularité, Nicolas Sarkozy se démène. Alain Duhamel l’avait naguère comparé à Bonaparte. Il a fait sienne l’une des maximes du grand homme : « Activité, activité, vitesse ! »

Taxe Tobin, TVA sociale, transformation radicale de l’école : le vendredi avec Jeanne d’Arc, le lundi avec Angéla Merkel ; il ne se passe pas un jour sans que ce président en fin de mandat n’annonce une réforme qu’un nouvel élu en état de grâce hésiterait à lancer. Sarko-ci, Sarko-là : s’il était un barbier, ou un journal, il s’appellerait Figaro. Tout cela est souvent cosmétique, rhétorique, emphatique. Mais il faut aussi être sport avec ce tenant du titre plus pugnace que n’importe quel challenger : personne ne pourra dire qu’il fut un président soliveau.

Ses adversaires imputeront cette frénésie à la panique. Il est vrai qu’il est encore à la traîne. Même si l’écart se resserre, quand sonne la cloche du dernier tour, ce coureur de fond à l’allure de sprinter est largement distancé. Si l’élection avait lieu demain, il serait balayé. La mise en avant de la TVA sociale, réforme impopulaire s’il en est, ressemble même à un geste de désespoir. Mais c’est le dos au mur que les combattants sont les plus redoutables. Il faut donc décrypter cette offensive moins désordonnée qu’il n’y paraît : même en se débattant, le président calcule. Depuis au moins dix ans Nicolas Sarkozy pratique cette discipline très blairiste qu’on appelle la « triangulation ». Elle consiste, en peu de mots, à reprendre les idées de ses adversaires sans décourager ses partisans. Art difficile auquel se résume souvent le sarkozysme, cette pâtisserie fondée sur le chaud-froid et le salé-sucré. D’où l’apostasie soudain sur la taxe Tobin, hier vouée aux gémonies, aujourd’hui portée aux nues. D’où les incessantes incursions d’un Claude Guéant sur les terres du FN. D’où l’étrange palinodie qui a marqué l’affaire de l’entreprise SeaFrance, sauvée un jour avec force coups de menton, enterrée la semaine suivante. Et, en même temps, ce signe fort de connivence adressé au cœur de la droite libérale, avec une réforme de la TVA directement inspirée du Medef ou encore avec cette idée, si souvent célébrée dans l’establishment , qui consiste à organiser l’école comme une fédération de PME. On arrive ainsi à un pâté d’alouette : un cheval libéral, une alouette sociale.

La magie, si efficace en 2007, va-t-elle encore fonctionner ? Pas sûr, somme toute : elle repose sur l’amnésie. L’avalanche des réformes annoncées est surtout destinée à faire oublier un bilan difficile à défendre. L’occupation permanente de l’agenda médiatique a pour but d’éclipser l’adversaire, qu’on veut reléguer en fond de décor. Or, l’électeur, même en ces temps de fast news vite avalées, n’a pas tout à fait perdu la mémoire. Les adversaires du président, chacun dans son genre, présenteront plus lentement, mais peut-être plus sûrement, des projets alternatifs, qui s’écartent de la doxa conservatrice. L’opinion se souviendra forcément que le Sarkozy de 2007 avait poussé la triangulation jusqu’à faire une synthèse baroque entre Jaurès et Milton Friedman. Cinq ans après, le libéralisme mondial qui est le fond de sauce de cette étrange recette, a débouché sur une crise majeure : la synthèse sarkozyenne est inopérante. Si la gauche montre qu’elle ne se contente pas d’attendre les effets d’un rejet qui peut s’estomper, si elle ouvre une autre perspective dans la mondialisation, une perspective française, plus équitable, plus industrialiste, plus sociale et favorable à la croissance, l’élection est gagnée.

 

Source : Le Nouvel Observateur – Janvier 2012


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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 17:27

Nicolas Sarkozy innove encore : il est le seul candidat à pouvoir appliquer son programme avant même d’être réélu ! Entre la dinde et le foie gras, il a décidé de mettre en œuvre le transfert d’une partie des charges sociales qui pèsent sur les entreprises. On ne veut plus l’appeler TVA sociale à l’Elysée, et, de fait, l’initiative ne concernerait pas que la TVA. Sa principale réforme serait donc acquise avant même de se déclarer candidat. Politiquement, l’affaire est risquée, et il ne l’ignore pas. De fait, la TVA est violente et inégalitaire puisqu’elle représente 11 % des dépenses des « pauvres » pour 5 % de celles des « riches ». De Mélanchon à Marine Le Pen en passant par Hollande, Montebourg, Bayrou et Madelin, l’hypothèse d’une TVA sociale provoque donc les protestations les plus indignées.

Ce n’est pas forcément justifié, et cela pour trois raisons.

&) Dès lors que la France n’a plus la maîtrise de la monnaie, ni de ses droits de douane, ni même de son budget, la fiscalité, avec ses inconvénients, reste le dernier levier permettant de changer les règles du jeu économique. Et si un consensus s’établit sur la nécessité de contrer les délocalisations, il faudra bien dire avec quels moyens. L’économiste Thomas Piketty a raison de rappeler que « le fait que les cotisations sociales pèsent aujourd’hui sur les salaires dans un pays qui n’a pas assez d’emplois pose réellement problème ».

2) Il y a plusieurs façons de pratiquer. Le transfert des charges peut ne concerner que les cotisations patronales, comme le propose Jean-François Copé. Dan ce cas, le coût  du travail en France baisse, mais c’est le salarié qui paie l’addition en tant que consommateur via les augmentations de prix. Mais le gouvernement peut aussi accompagner la baisse de la part patronale d’une diminution des cotisations salariales, ce qui provoque une augmentation immédiate des salaires nets susceptible de compenser, partiellement ou totalement, la hausse des prix à venir (sauf pour les chômeurs et les retraités). Enfin, on peut aussi faire un « grand mélange », c’est-à-dire répercuter la baisse des charges patronales et salariales sur la TVA mais aussi sur la CSG. Dans ce cas, les « rentiers » contribuent avec les salariés, au financement de la réforme, et il sera plus difficile d’évaluer l’évolution du pouvoir d’achat. Cette dernière formule a de grandes chances de séduire le joueur de bonneteau qu’est sarkozy.

3) Un transfert de charges n’aura un impact que s’il est massif, ce qui est compliqué à gérer : 1 % de TVA en plus ne rapporte que 10 milliards. Si on veut déplacer 100 milliards, bonjour l’inflation ! Bref, TVA sociale ou antidélocalisation , la bonne question est : laquelle ? Mais aussi avec quoi d’autre ? Déplacer quelques points de cotisation ne suffit pas à créer de usines. L’Allemagne a couplé sa TVA sociale d’une modération salariale sévère, et surtout d’un investissement dans la recherche supérieur de … 40 % à celui de la France. En fin de compte, c’est la méthode à la hussarde du président qui est critiquable plus que son objet : si l’enjeu est vraiment de sauver l’industrie et l’emploi en France, pourquoi vouloir imposer une réforme sans vrai débat à quelques semaines du scrutin présidentiel ?

 

Source : Marianne – Janvier 2012


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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 16:46

 

Une réunion de coordination a eu lieu ce jeudi 19 janvier pour la route TOURCOING-BEAULIEU (Wattrelos) :

 premier tronçon du carrefour CORNEILLE à la rue Georges  PHILIPPOT;

 


Les travaux devraient débuter le 15 Février et durer 12 mois.Ce tronçon coutera 5 320 000 euros qui seront financés par le Conseil Général du NORD;


Cette nouvelle pourra rassurer les riverains qui craignaient de se retrouver envahis par les nuisances du trafic des camions.

Publié dans : Conseil Général du Nord
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 12:17

(Extraits)

 

Les revenus des dirigeants ont été multipliés par trois en dix ans : parachutes dorés, retraites-chapeau, niches fiscales… Malgré la crise, les excès continuent.

 

« Si vous ne payez que des cacahuètes, vous n’aurez que des singes comme patrons ». Jean-Pierre Garnier, l’ancien président français du laboratoire pharmaceutique britannique Glaxo, avait résumé d’une phrase volontairement provocatrice le credo patronal dans les années 2000 : distribuer des revenus exceptionnels aux grands dirigeants d’entreprise n’est pas choquant puisqu’ils exercent des mandats exceptionnels. Les rémunérations globales versées aux équipes dirigeantes des sociétés du CAC 40 sont ainsi passées de 747 000 euros en moyenne à 2.1 millions entre 1998 et 2007, selon la société Proxinvest. Cette petite coterie d’un millier de hauts cadres a vu ses revenus multipliés par trois. Dans le même temps, le salaire moyen des Français n’a progressé que de 2% à 3%, par an. Quant aux actionnaires censés être les grands bénéficiaires des prouesses des dirigeants, le bilan de cette décennie est quasiment nul pour eux. L’indice de la Bourse de Paris n’a progressé que de 5 %.

Lindsay Owen-Jones, l’ex-patron gallois de l’Oréal, peut bien critiquer « la France, ce pays de l’envie et de la jalousie », l’opinion publique a du mal à comprendre de tels écarts. Owen-Jones est d’ailleurs un expert, car il a longtemps été le PDG le mieux payé de France avec une rémunération annuelle comprise entre 20 et 25 millions d’euros, grâce à la manne des stocks-options, ces titres qui permettent aux salariés d’acheter des actions de leur entreprise avec une décote sur le cours de Bourse. Depuis dix ans, les scandales se sont succédé révélant l’avidité des grands dirigeants. En 2002, c’est Jean-Marie Messier, le PDG de Vivendi, qui laisse le groupe de médias en capilotade et prétend pourtant partir avec un chèque de 20.5 millions d’euros – qui ne sera jamais versé. En 2006, c’est Noël Forgeard qui est débarqué d’EADS avec un parachute doré de 8.5 millions, en raison des retards pris par le programme de l’A380, alors que 10 000 suppressions de postes seront annoncées, un an plus tard, chez le constructeur aéronautique et ses sous-traitants.

Les salaires élevés des patrons continuent de choquer, pourtant, ils ont connu une décrue. En 2003, tous les records avaient été battus avec un revenu moyen de 6.3 millions d’euros pour les présidents du CAC 40. Ce montant a été divisé par deux depuis cette époque avec des rémunérations de 3 millions « seulement » en 2009, selon Proxinvest. « La période des options d’actions à gogo et à prix bradé est révolue. Les entreprises sont d’ailleurs confrontées à un dilemme, explique un consultant, les actuels dirigeants ont fait fortune lorsque les mécanismes de rémunérations étaient moins encadrés, et un fossé s’est creusé avec la génération des quadras qui ne bénéficiera jamais d’une telle manne ».

Est-ce que la sagesse aurait gagné les grands groupes ? Pas tout à fait. Il y a d’abord la crise qui a fait baisser la part variable indexée sur les bénéfices des entreprises. Cela a pesé sur les rémunérations globales, d’autant que l’Etat avait supprimé cette partie des salaires dans les sociétés qui ont reçu son aide (banques, constructeurs automobiles…). Il y a aussi l’efficacité relative de l’arsenal législatif. En 2001, une loi a obligé les entreprises à rendre public le montant des salaires versés à leurs dirigeants : premier tollé, lorsque l’on découvre le niveau des rémunérations. Un an plus tard, on limite à cinq postes par personne le nombre de mandats dans les conseils d’administration pour éviter la course aux jetons de présence (certains dépassent 60 000 euros par an). En 2005, nouveaux scandales lorsque la loi Breton oblige les sociétés à dévoiler tous les avantages annexes : les parachutes dorés versés en cas de départ ou, encore plus discret, les retraites-chapeau pour les anciens dirigeants. Non contents de toucher des salaires hors normes, les PDG se plaignent en effet de subir de très fortes chutes de revenus lorsqu’ils partent à la retraite ! Et plutôt que de cotiser eux-mêmes, ils font supporter la charge par leur entreprise, qui leur verse ensuite une rente annuelle, qui peut dépasser 60 % de leur ancienne rémunération.

 

Source : Le Nouvel Observateur – Décembre 2011


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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 10:47

The Sunday Times (extraits)

Londres

 

On n’a pas entendu beaucoup de gens le dire ces derniers temps, mais (le vice-Premier ministre britannique) Nick Clegg a raison. Les attaques de la France contre la Grande-Bretagne sont « tout simplement inacceptables ». De même que dans le monde du sport la tactique la plus vile consiste à faire exclure un adversaire, les Français, peu réputés pour leur esprit sportif, cherchent à détourner l’attention de leurs problèmes en dénonçant les nôtres.

Pour François Fillon, dire que la Grande Bretagne mérite plus que la France une dégradation de la note de sa dette souveraine revenait à répondre coup par coup à Georges Osborne (le ministre des Finances britannique), qui affirmait il y a quelques semaines que la France prenait peut-être le chemin de la Grèce. Mais lorsque le gouverneur de la Banque de France s’en est mêlé, c’était presque une déclaration de guerre économique (Christian Noyer s’est fait l’écho des propos de François Fillon). Le code non écrit des banques centrales stipule qu’on ne doit pas se critiquer entre pays. Rester au-dessus de la mêlée politique permet à ces établissements de garder leur réputation et leur indépendance.
La France, bien entendu, n’est pas un pays comme les autres. Les diplômés de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), ces énarques qui dirigent le pays, passent continuellement de la politique aux grands corps d’Etat et vice versa. Avant même que la France ne confie sa politique monétaire à la Banque centrale européenne (BCE), l’indépendance de la Banque centrale française était déjà une vue de l’esprit. C’est plus que jamais le cas aujourd’hui, comme viennent de le confirmer les propos imprudents de son gouverneur. Et cette querelle prouve au moins une chose : La France est irritée au plus haut point par la Grande-Bretagne. Elle estime que projet européen a été conduit au bord de la faillite par les spéculateurs « anglo-saxons » de la City et leurs amis des agences de notation.

Depuis le rejet par de Gaulle de notre candidature à la Communauté européenne, l’entente avec la France n’a jamais été très cordiale. Mais il y a peut-être lieu de s’inquiéter. Robert Zopellick, président de la Banque mondiale, s’est dit « profondément préoccupé » par la prise de bec franco-britannique.

L’une des leçons importantes à tirer des années 1930 est que la situation est devenue délicate lorsque certains pays ont opté pour l’isolationnisme. Ils ont instauré des barrières douanières en s’imaginant que cela profiterait à leurs industries. Cette fois, la polémique porte sur les flux de capitaux. Apparemment, la France pense pouvoir tirer les marrons du feu en encourageant les investisseurs internationaux à déserter la Grande-Bretagne. Elle se trompe – et pourrait précipiter une crise encore plus grave que celle qui s’annonce en 2012. La France joue à un jeu dangereux. Elle devrait arrêter tout de suite.

 

Source : Courrier international – Décembre 2011


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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 18:03

Comment oublier que le chef de l’Etat a été pendant cinq ans un champion du revirement et de la volte-face.

 

L’un est mou, disent-ils, l’autre dur comme du silex. Ainsi vont les éléments de langage que l’UMP et le président de la République voudraient graver dans l’esprit des électeurs lors de cette précampagne présidentielle : Nicolas Sarkozy est l’homme des tempêtes ; François Hollande flotte comme un bouchon sur les vagues.

Ont-ils réussi ? S’agissant de François Hollande, il n’est pas sûr que l’opinion adhère. Au contraire, elle reconnaît peu à peu que le candidat socialiste suit dans le marathon de la campagne une trajectoire rectiligne, que le compromis avec les Verts a été conclu à ses conditions, que sa critique de la politique économique du président vise juste. On le dit bousculé par la crise. Les enquêtes d’opinion disent le contraire : ses intentions de vote, toujours situées à un niveau stratosphérique, résistent contre toute attente au tir de barrage de l’UMP.

C’est du côté présidentiel que cette figure de propagande est la plus grossière. L’opération de storytelling en cours nous décrit Nicolas Sarkozy comme un responsable fiable, solide, qui fait face et sait où il va. Or le simple examen de son parcours présidentiel montre qu’il n’en est rien. Certes Nicolas Sarkozy n’hésite jamais. Mais il n’hésite jamais… à se contredire.

L’opinion dispute du droit de vote des étrangers aux élections locales. Deux citations sarkozyennes nous éclairent. Octobre 2005 : « je ne trouve pas anormal qu’un étranger en situation régulière, qui travaille, paie des impôts et réside depuis dix ans en France puisse voter lors des élections municipales ».

Novembre 2011 : « Une telle proposition me semble hasardeuse parce qu’elle risque de diviser les Français quand nous avons besoin de les rassembler. » Vérité en 2005, erreur en 2011. Chacun a le droit de changer d’avis si les circonstances l’exigent. Mais ce qui a changé, en l’occurrence, c’est le raisonnement politique du moment. En 2005, Nicolas Sarkozy cherchait à corriger une image trop droitière : en 2011 il veut capter les voix du Front national.

Les exemples abondent. Un expert du PS, Alain Bergougnioux, vient d’y consacrer un opuscule entier (1). Le texte est bien sûr partisan et certains des exemples sont forcés. Mais on constatera aussi, sur la base de citations indiscutables, que les revirements présidentiels sont légion. Le gouvernement défendait la création, directe ou indirecte, d’euro-obligations. Le 5 décembre, Nicolas Sarkozy les qualifie de « drôle d’idée » (c’était la sienne), qui n’est « en aucun cas une solution à la crise ». Le président décide d’abaisser la TVA payée par les restaurateurs en assurant qu’il tient « les promesses même celles des autres ». Il vient de la remonter sans explication. Il fait du bouclier fiscal la pierre angulaire de sa politique. Ce bouclier vient de disparaître, il érige l’environnement en priorité de son gouvernement avec « le Grenelle ». Il déclare aux agriculteurs : « L’environnement ça commence à bien faire ». Il promet un gouvernement de quinze ministres. Ils sont quarante. Il ridiculise la police de proximité instaurée par la gauche et la supprime. Trois ans plus tard, devant la montée des agressions, il crée les « unités territoriales de quartier », nouveau nom, même idée. Le reste à l’avenant.

Sarko oui, Sarko non : c’est la véritable continuité du quinquennat. Ce « bougisme » a même été officialisé. Tous les six mois, les communicants de l’Elysée nous vendent « un nouveau Sarkozy ». On avait naguère comparé le président à Bonaparte. La comparaison tourne à la farce. Bonaparte ? Oui : caméléon Bonaparte.

 

(1) « L’Abécédaire des propos contradictoires de Nicolas Sarkozy ».

 

Source : Le Nouvel Observateur – Décembre 2011


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Lundi 26 décembre 2011 1 26 /12 /Déc /2011 17:27

 

 

 

Il est facile de signer en grande pompe une charte de plantations dans le cadre des villes, c’est pourquoi le Conseil Général a attribué à la Communauté Urbaine une subvention de 9 244 euros pour la première phase d’une opération de boisement sur la friche PCUK de Wattrelos, soit près de 60 % de la dépense, le reste étant couvert par la Communauté Urbaine de Lille.

 

L’ancien maire de Wattrelos n’est pas en retraite au Conseil Général, Monsieur Baert !

 

Il ne bavasse pas, il agit !  

 

 

 

 

 


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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 18:13

Depuis 2007, le conseiller spécial du président fustige « les politiques sacrificielles » et le spectre de la rigueur. Le problème, c’est qu’il a longtemps été entendu par Nicolas Sarkozy…

 

A Matignon, on affecte de la jouer modeste. Pad question de tambouriner que François Fillon avait raison, en 2007, de vouloir réduire rapidement le déficit d’un Etat qu’il jugeait « en situation de faillite ». « Ce serait prétentieux » assure un proche du Premier ministre, avant de lâcher avec un soupçon de…prétention : « François a eu le premier conscience du poids de la dette. Dès cette époque, il pensait : ça ne peut plus durer, un jour, ça va nous tomber dessus ».

Fidèle à lui-même, Nicolas Sarkozy a brocardé, lors de son entretien télévisé du 27 octobre, les fautes de ses prédécesseurs pour expliquer la dérive des finances françaises depuis trente ans. Il a dénoncé François Mitterand et la retraite à 60 ans, Lionel Jospin et les 35 heures et, sans le nommer, Jacques Chirac pour avoir accepté les pays méditerranéens dans la zone euro. Mais aucune autocritique sur son action depuis son accession à l’Elysée. En 2007, en matière de réduction des déficits, le président a pourtant arbitré contre son Premier ministre et en faveur de son conseiller spécial, Henri Guaino, au souverainisme affirmé, qui a toujours combattu « les politiques sacrificielles ».

« L’erreur fondamentale, c’est de traiter le problème des finances publiques en soi, détaché du reste de l’économie », continue de proclamer Guaino. Depuis le début du quinquennat, il fustige « ceux qui vocifèrent contre les déficits », et prendraient ainsi le risque d’ « étouffer la croissance ». Un ami de Fillon se souvient : « en 2007, Guaino lui reprochait matin, midi et soir de s’inquiéter de la dette. A ses yeux, c’était un non-sujet. Pour ce chantre de l’Etat, les Etats ne pouvaient pas faire faillite, au contraire des entreprises ou des ménages. »

La ligne Guaino a eu une traduction budgétaire. Matignon récrit l’histoire en suggérant que Fillon a été « le premier » à vouloir réduire la dette. Son prédécesseur s’était déjà fixé cet objectif : Dominique de Villepin avait transmis à Bruxelles un plan de retour à l’équilibre des finances publiques en 2010, qui passait par la limitation du déficit à 1.8 % en 2008. Objectifs abandonnés par Sarkozy, dès son installation à l’Elysée, qui n’évoqua plus qu’un retour à l’équilibre en 2012.

La crise est venue bouleverser ces schémas. Mais là encore Guaino a mené le bal, estimant que les critères de Maastricht n’étaient plus la « priorité des priorités ». Dans la foulée, il a lancé l’idée d’un grand emprunt de 100 milliards d’euros qui fit frémir les « orthodoxes », de Fillon à Xavier Musca, l’homme qui allait devenir secrétaire général de l’Elysée.

Après un rapport commandé à Michel Rocard et Alain Juppé, Sarkozy a ramené le grand emprunt à 35 milliards. Aujourd’hui, Guaino ne regrette rien : ni le paquet fiscal, ni le grand emprunt : « en 2007, l’urgence était d’empêcher l’effondrement de l’économie : la loi Tepa a été un élément important de soutien de l’activité. Quant au grand emprunt, on ne peut pas espérer réduire les déficits si on n’est pas capable d’investir ». Et Guaino de vitupérer à nouveau contre ceux qui prônent « la rédemption par la douleur, avec une délectation troublante ».

Il serait injuste d’imputer au seul Guaino le laxisme budgétaire de la France depuis 2007. Si le président en fait de plus en plus son porte-parole, c’est parce qu’il n’a jamais été - et n’est d’ailleurs toujours pas – convaincu des bienfaits de la rigueur. Ministre du Budget entre 1993 et 1995, Nicolas Sarkozy a laissé les finances publiques dans un état jugé « calamiteux » par Alain Juppé, lors de son arrivée à Matignon. « On lui doit deux records absolus de la dette, en 1995 et aujourd’hui », surenchérit un ténor centriste : « Notre difficile situation actuelle, ce n’est pas uniquement la faute aux socialistes et à la crise, même si les socialistes et la crise y ont leur part ».

Dans ce domaine, il n’y a pas eu de « rupture » en 2007. Comme Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy s’est toujours défié des « obsédés de la dette », pour reprendre une expression de Pierre Méhaignerie, le président UMP de la commission des Affaires sociales. Comme Chirac, il a toujours pensé qu’une bonne dose de démagogie était nécessaire pour accéder à l’Elysée. Comme Chirac, il a du mal à accepter que son pouvoir soit bridé par les marchés. « C’est sa nature, il est plus chiraquien que barriste », tranche Méhaignerie.

  

Source : Le Nouvel Observateur - Novembre 2011   


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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 16:31

Les dirigeants de l’UMP croient avoir trouvé l’arme fatale contre les socialistes : la dénonciation réitérée de l’assistanat ! « La gauche, c’est l’assistanat à perpétuité », avec son cortège de fraudeurs, de mendiants, de voleurs, de faux pauvres et de vrais immigrés, sans papier vivant aux crochets du brave travailleur épuisé et perclus de charges. Cette thématique fait écho à celle qui avait permis les victoires de George Bush autrefois quand il s’était fait le défenseur des Blancs « inclus » contre les « exclus parasites » souvent noirs. « Efficacité garantie », assurent ces conseillers élyséens qui ont multiplié sondages comme enquêtes qualitatives auprès des électeurs populaires que Nicolas Sarkozy entend reconquérir et prémunir du FN. Il y a du boulot …

Car ce n’est pas avec la sécurité (le bilan est pour le moins mince) que cette reconquête serait possible, alors que, en surfant sur cette vague de ras-le-bol des petites gens contre les « profiteurs du système », il y aurait moyen de mettre en difficulté la gauche. A condition de s’en prendre aussi aux gros, pas seulement aux « profiteurs » des Assedic ou de la « Secsoc », ou encore aux resquilleurs des impôts. D’où les déclarations à la trompette contre « les employeurs au noir qui volent l’assurance maladie… » ou même contre « les truands du fisc ». Mais ce sont surtout les attaques du ministre Laurent Wauquiez contre « le cancer de l’assistanat » que l’on retient, avec ces premières tentatives d’« apartheid social », du genre « réservons les HLM aux travailleurs », et la sécurité demain aussi, et la santé, et l’instruction …

L’offensive, notamment à travers la lutte obsessionnelle contre les « faux chômeurs », renoue avec le fil d’or de la campagne sarkozyste de 2007 quand le candidat promettait d’être « le président de tous les français qui pensent que l’assistanat est dégradant pour la personne humaine ». Aujourd’hui, dans les réunions si assoupies de l’UMP, seules les attaques contre les « assistés, les feignants, les profiteurs du système » réveillent encore les énergies militantes. La droite tient ses épouvantails symboliques, ses boucs à misère.

Cette bouc-émissairisation des plus pauvres gêne la gauche. Elle n’est d’ailleurs pas spécifique à la France. « Dans toute l’Europe, relève le député socialiste de Paris Jean-Christophe Canbadélis, il y a une bipolarisation qui voit se dresser des « indignés » contre d’autres « indignés » : ceux qui veulent toujours plus de générosité pour les souffrants et ceux qui en ont marre de payer ». En temps de crise, l’égoïsme semble l’emporter sur l’altruisme, tout au moins aussi longtemps que la gauche esquive le combat et se réfugie derrière les dénonciations moralistes, nécessaires mais insuffisantes, et la déconstruction du discours droitier. Certes, la mise en cause de l’assistanat sert d’abord à masquer les échecs économiques et sociaux d’un pouvoir qui n’a même pas réussi à faire passer la prime Sarkozy pour les salariés, ce « geste d’équité » qui devait permettre de « distribuer de la considération » et a apporté de l’humiliation quand « le cadeau se monte à 8 euros ou même à 300 euros en moyenne et pour un nombre infime de personnes ». Le sentiment d’injustice ne sera donc pas dissipé par l’offensive antiassistanat, mais la gauche n’en a pas pour autant trouvé la parade à cette attaque-là que le président formule avec un simplisme de bombe atomique : « pour sauver notre modèle social, il faut le remettre en cause ».

 

Source : Marianne - Novembre 2011   


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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 16:18

Le moral des Français est à l’image de la courbe de popularité de Nicolas Sarkozy : en pente descendante. Et d’ici à la présidentielle, peu de choses paraissent susceptibles d’enrayer cette glissade.

Prospect (extraits) Londres

 

« La France ne devrait pas tarder à connaître son heure de vérité. La crise de l’euro, l’impopularité du président, les rivalités au sein du Parti socialiste, une économie au point mort : tout concourt  à remettre en cause l’équilibre délicat maintenu depuis trente ans par les dirigeants successifs. Sur le plan international, le pays de Louis XIV, de Napoléon Bonaparte et de Charles de Gaulle se voit volontiers en leader de l’Europe. Cette perception est désormais battue en brèche. Sur le plan intérieur, la Vème République est de plus en plus contestée dans sa nature même. Un demi-siècle après que le Général a sauvé son pays de la désintégration et l’a doté d’un exécutif fort, les sondages indiquent que le président sortant pourrait échouer à sa faire réélire. Ce serait la première fois en trente ans.

Les choses devraient se précipiter à l’approche de la présidentielle, sur fond de crise de la dette souveraine européenne. Si cet impulsif de Sarkozy pouvait inventer une solution magique pour résoudre la crise de la zone euro, non seulement il serait assuré d’être réélu, mais en outre il s’imposerait comme un leader de stature planétaire – capable de montrer que les politiques ne sont pas tenus de céder le pas aux marchés. Mais cela ne risque pas d’arriver, Sarkozy s’est prêté à plusieurs allocutions télévisées pour expliquer à ses concitoyens, avec gravité, les sauvetages successifs de l’euro, et les médias français lui accordent toujours le bénéfice du doute. »

« Sur la scène mondiale, la France joue de plus en plus les seconds rôles par rapport à l’Allemagne. Sarkozy a pris la tête de la campagne militaire en Libye, au côté de David Caméron, mais ce n’était qu’un sursaut. Les pays méditerranéens d’Europe, avec lesquels Sarkozy entrevoyait un destin commun, sont désormais pris dans la tourmente de la crise de l’euro. Le grand projet d’une communauté englobant l’Afrique du Nord pourrait se révéler perspicace à terme mais, dans l’immédiat, il n’a pas d’avenir (allusion à l’Union pour la Méditerranée fondée en 2008). L’influence de la France a Bruxelles n’est plus ce qu’elle a été. Et si le président a amélioré les relations avec Washington, Obama considère Berlin, et non Paris, comme sa première escale en Europe continentale. »

« Le décalage entre la France et une bonne partie du monde développé est d’autant plus grand que, malgré l’armée de traders français qui travaillent à la City de Londres, le pays n’a jamais été très à l’aise avec l’argent. Historiquement, en France, on pensait qu’il valait mieux laisser les affaires aux huguenots et aux juifs, et la finance y est souvent qualifiée d’ « anglo-saxonne », appellation infamante s’il en est. »

« Le problème de la France n’est pas seulement lié à la diminution de son prestige international ou de sa stature économique. Il vient aussi des plus hautes instances du pouvoir. Sarkozy n’a ni la cohérence ni l’envergure requises pour la fonction présidentielle. Le chef de l’Etat est un guérillero et non un stratège, et ses initiatives, pour l’essentiel, n’ont guère eu les effets escomptés. Ce n’est pas entièrement sa faute, car il s’est heurté à de fortes résistances. La France, qui s’enorgueillit de son esprit révolutionnaire, reste pourtant profondément conservatrice – après tout, le renversement de la monarchie a débouché sur la dictature militaire de Napoléon ; quant aux émeutes étudiantes et aux grèves de 1968, elles se sont soldées par une large majorité conservatrice au Parlement. »

« Et maintenant, que va-t-il se passer ? D’après les derniers sondages, Sarkozy recueillerait moins de 25 % des voix au premier tour de la présidentielle. Mais, en face, le Parti socialiste doit encore élaborer une politique économique convaincante, au lieu de se contenter de surfer sur l’impopularité de Sarkozy. »

« Le système mis en place par de Gaulle, taillé sur mesure pour le Général, se révèle de plus en plus difficile à faire fonctionner par de simples mortels. La dynamique nationale et européenne a changé. La France et son président n’en sont plus à l’épicentre. C’est une réalité dure à avaler, mais il va être de plus en plus difficile de la nier. »

 

Source : Courrier International - Novembre 2011   

 


Voir les 0 commentaires Par Alain Faugaret
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